2010, l’année de la dernière chance pour la RNT ?

Alain MéarAlain Méar (photo), membre du CSA, le dit sans ambages : «Si elle ne démarre pas cette année, il n’y aura pas de radio numérique terrestre (RNT).» Un vœu pieux ? Sans doute. Si le CSA presse le pas, les radios, elles, freinent des quatre fers, arguant que ce dossier se présente au moment où leurs recettes publicitaires ont fondu de 15 %.

Autant dire qu’elles ne sont pas enthousiastes à l’idée de devoir débourser, chaque année, quelque 3 millions d’euros pour la diffusion numérique (pour une couverture de 85 % de la population), selon les estimations de Jacques Donat-Bouillud, directeur de la division radio de TDF. D’autant que cette charge ne viendrait pas se substituer aux coûts de diffusion de la bande FM, dont l’extinction est prévue dans un délai de huit à dix ans. Au mieux. De l’avis de la plupart des radios, l’addition paraît donc sinon salée, du moins superfétatoire. Car le retour sur investissement semble loin d’être acquis, la multiplication des opérateurs que permettra le numérique ayant pour conséquence l’effritement des ressources publicitaires.

Comme pour la TNT. «A la différence que la RNT nécessitera que les Français s’équipent en récepteurs numériques, précise Mathieu Quétel, vice-président du Syndicat des radios et télévisions indépendantes. Soit un parc de près de 160 millions de postes à renouveler, alors que les fabricants n’en sont pas encore à envisager la phase d’industrialisation.» Et d’ajouter : «Considérer que 2010 est l’année de la dernière chance tient du seul slogan. Les Français ne réclament pas la RNT à cor et à cri. Rien ne presse.»

De son côté, le CSA, bien décidé à débloquer la situation, a d’ores et déjà prévu de réunir une nouvelle fois les principaux acteurs des radios privées et publiques courant février.

source : lefigaro.fr

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